Le marché ne propose pas un logiciel d'approvisionnement mais quatre familles d'outils qui traitent chacune une partie du problème. Les confondre conduit à acheter un module que l'on n'utilisera pas, ou à en attendre une fonction qu'il ne porte pas.
L'ERP tient les données de référence, les stocks, les commandes et la comptabilité dans une base unique. C'est lui qui exécute le calcul des besoins nets et qui porte le processus du bon de commande au paiement. SAP, Oracle et Microsoft Dynamics occupent le haut du marché, Sage, Cegid, Divalto et Odoo servent les entreprises moyennes, Dolibarr et ERPNext existent en licence libre. L'ERP reste la colonne vertébrale, mais son module d'approvisionnement est généraliste : il calcule bien les besoins, prévoit mal la demande et optimise rarement les paramètres de stock.
Les outils de planification avancée se branchent sur l'ERP pour ce que celui-ci ne sait pas faire : prévoir la demande à partir de l'historique, dimensionner les stocks de sécurité par le calcul, simuler des scénarios de capacité. Kinaxis, o9, Blue Yonder et Colibri couvrent le haut du segment, Slimstock et Optimix se concentrent sur le stock. C'est la famille qui apporte le gain le plus mesurable, à condition de disposer de 3 ans d'historique propre : sans cette donnée, un tel outil produit des prévisions élégantes et fausses.
Les plateformes de e-procurement et de gestion des fournisseurs couvrent l'amont : appels d'offres, catalogues, circuits de validation des demandes d'achat, contrats, évaluation des fournisseurs. Coupa, Ivalua, Jaggaer, SAP Ariba et Oxalys structurent ce segment. Elles servent surtout les organisations dont la dépense est éclatée entre de nombreux prescripteurs, où le premier gain n'est pas le prix mais la canalisation des achats vers les contrats déjà négociés.
Le WMS pilote le physique : adressage, réception, préparation, inventaires tournants, radiofréquence. Manhattan, Reflex, Generix, Hardis et Mecalux figurent parmi les acteurs établis. Il ne décide d'aucun approvisionnement, mais la fiabilité du stock qu'il produit conditionne toute décision d'approvisionnement. Pour une petite structure, un outil dédié comme Erplain, Zoho Inventory ou Katana suffit souvent, jusqu'à quelques centaines de références ou jusqu'au moment où la comptabilité doit être alimentée sans ressaisie.
Aucun outil ne corrige un fichier article incomplet, des délais fournisseurs faux ou des stocks théoriques éloignés du réel : le préalable à tout projet est un inventaire et une reprise des données de base. Vient ensuite l'intégration, et l'existence d'une interface programmatique documentée vers l'ERP en place ; une solution sans API se paiera plus tard en ressaisies et en fichiers échangés à la main. Le coût complet, enfin, ajoute au prix des licences l'intégration, la reprise de données, la formation et la maintenance, si bien que sur 5 ans la mise en oeuvre dépasse fréquemment le coût des licences.
2 points techniques départagent ensuite les candidats. La finesse des paramètres, d'abord : un bon outil permet de définir la méthode de réapprovisionnement, le stock de sécurité et le taux de service par article ou par classe, et non par une valeur unique pour tout le catalogue. La restitution ensuite, car un outil qui ne mesure pas le taux de service, la rotation, la couverture et la part des commandes urgentes ne permet pas de progresser.