Gestion des stocks

Un stock coûte cher à détenir et cher à ne pas avoir. Tout l'art consiste à placer le curseur entre deux risques opposés : immobiliser de la trésorerie dans des marchandises qui dorment, ou manquer une vente faute de disponibilité. Les méthodes qui suivent ne cherchent rien d'autre que ce point d'équilibre, et elles supposent toutes des données fiables sur les consommations passées.

Ce que coûte un stock

Le coût de possession rassemble l'immobilisation financière, l'entreposage, l'assurance, la manutention, l'obsolescence et la casse. Les ordres de grandeur retenus par les praticiens vont de 15 à 25 % de la valeur du stock par an. Face à lui, le coût de passation d'une commande, administratif et logistique, pousse au contraire à commander en grandes quantités.

Quantité économique de commande

La formule dite de Wilson arbitre entre ces deux coûts et donne la taille de lot qui minimise leur somme. Elle repose sur des hypothèses fortes, demande régulière et délai fixe, rarement vérifiées telles quelles. Elle reste utile comme ordre de grandeur, à condition de ne pas la prendre pour un résultat exact.

Point de commande et stock de sécurité

Le point de commande est le niveau qui déclenche le réapprovisionnement : il correspond à la consommation prévue pendant le délai de livraison, augmentée d'un stock de sécurité. Ce dernier absorbe deux aléas distincts, la variabilité de la demande et celle du délai fournisseur. Il se calcule à partir de leurs écarts observés et du taux de service visé, et son coût croît très vite avec ce taux : passer de 95 à 99 % de service peut demander de doubler le stock de sécurité.

Classement ABC

Toutes les références ne méritent pas la même attention. Le classement ABC, issu de la loi de Pareto, montre qu'une petite part des articles représente l'essentiel de la valeur consommée. Les articles de classe A justifient un suivi serré et des prévisions travaillées, ceux de classe C un réapprovisionnement simple et automatique. Croiser ce classement avec la régularité de la demande affine encore le pilotage.

Indicateurs de suivi

Quatre suffisent à tenir un tableau de bord : la rotation, qui rapporte les sorties au stock moyen ; la couverture, exprimée en jours de consommation ; le taux de service, part des demandes satisfaites immédiatement ; et la part du stock dormant, sans mouvement depuis plusieurs mois. L'inventaire tournant, qui compte chaque semaine une fraction des références, remplace avantageusement l'inventaire annuel unique.